Paroles et musique : Serge Gainsbourg (1962)
Interprètes : Serge Gainsbourg, Juliette Gréco
Répertoire de Brigitte Valentin pour le spectacle "En scène"
"1921
: un couple russe, Joseph et Olga Ginsburg, débarque en France. Sept
ans plus tard naît un enfant à la 'tête de chou' : Lucien dit Serge.
Son père joue du piano dans les cabarets et exige de lui une parfaite
éducation scolaire et musicale. Menacés par la guerre, les Ginsburg
quittent Paris pour Limoges. Ils ne reviennent qu'aux dix-sept ans de
Serge qui s'inscrit au cours de dessin de l'Académie Montmartre. Ses
talents n'étant pas reconnus, Serge Gainsbourg préfère se
consacrer à la musique, il suit alors des cours à la Sacem et joue dans
les bars du Touquet. Son premier disque 'Le Poinçonneur des Lilas' ne
sort qu'en 1958 et reçoit le prix de l'Académie Charles-Cros.
Constamment à l'avant-garde de la musique, précurseur de tous les
genres, il enchaîne les succès et les interprètes féminines, notamment
Jane Birkin avec qui il forme le couple mythique de la rive gauche
parisienne. Avec des chansons comme 'La Javanaise' ou l'album concept
'Melody Nelson', Serge Gainsbourg est perçu comme un génie dans un
genre qu'il a pourtant toujours considéré comme mineur. Vient ensuite
la période 'Gainsbarre' où la provocation prend le dessus. Cela ne
l'empêche pas de rencontrer encore et toujours le succès avec par
exemple sa reprise, jugée scandaleuse, de la Marseillaise 'Aux Armes,
etc.' Serge Gainsbourg meurt à 63 ans mais reste une figure
incontournable et une grande influence de la chanson française."
Dieu que la vie est cruelle
Au musicien des ruelles
Son copain son compagnon
C'est l'accordéon
Qui c'est-y qui l'aide à vivre
A s'asseoir quand il s'enivre
C'est-y vous, c'est moi, mais non
C'est l'accordéon
Accordez accordez accordez donc
L'aumône à l'accordé l'accordéon.
Ils sont comme cul et chemise
Et quand on les verbalise
Il accompagne au violon
Son accordéon
Il passe une nuit tranquille
Puis au matin il refile
Un peu d'air dans les poumons
De l'accordéon
Accordez accordez accordez donc
L'aumône à l'accordé l'accordéon.
Quand parfois il lui massacre
Ses petits boutons de nacre
Il en fauche à son veston
Pour l'accordéon
Lui, emprunte ses bretelles
Pour secourir la ficelle
Qui retient ses pantalons
En accordéon
Accordez accordez accordez donc
L'aumône à l'accordé l'accordéon.
Mais un jour par lassitude
Il laissera la solitude
Se pointer à l'horizon
De l'accordéon
Il en tirera cinquante
Centimes à la brocante
Et on fera plus attention
A l'accordéon.
Accordez accordez accordez donc
L'aumône à l'accordé l'accordéon.