Paroles et musique : Georges Brassens (1952)
Interprètes : Georges Brassens, Patacou, Michel Jonasz, Renaud, Maxime Leforestier...
Répertoire de Brigitte Valentin pour le spectacle "En scène"
"Peu d'auteurs-compositeurs ont été aussi souvent repris que Georges Brassens.
Il a été chanté par des artistes de toutes les générations, de tous les
styles. Ses chansons ont été adaptées en espagnol, en italien (Fabrizio de André), en anglais (Graeme Allwright), et même en créole (Sam Alpha).
Face au conformisme dominant, Brassens
croit au pouvoir subversif de l'amour qui choque les bien-pensants et
permet de dépasser les malheurs du quotidien. La première qui a cru en
lui et lui a donné sa chance dans son propre cabaret, en 1952, c'est
Patachou, qui décide alors de prendre à son répertoire trois de ses
chansons dont Les bancs publics.
Elle l'embauche alors pour qu'il chante tous les soirs. Dès lors, elle
lui trouve des engagements en Belgique, l'emmène en tournée d'été, le "
pistonne " partout où elle peut, et notamment auprès de Jacques Canetti, avec qui elle est en contrat d'enregistrement. "
Les gens qui voient de travers
Pensent que les bancs verts
Qu'on voit sur les trottoirs
Sont faits pour les impotents
ou les ventripotents
Mais c'est une absurdité
Car à la vérité
Ils sont là c'est notoire
Pour accueillir quelque temps
les amours débutants
Les amoureux qui s'bécott'nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s'fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s'bécott'nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s'disant des "Je t'aime" pathétiques
Ont des p'tit's gueul' bien sympatiques
Ils se tiennent par la main
Parlent du lendemain
Du papier bleu d'azur
Que revêtiront les murs
de leur chambre à coucher
Ils se voient déjà doucement
Ell' cousant, lui fumant
Dans un bien-être sûr
Et choisissent les prénoms
de leur premier bébé
Quand la saint' famill' machin
Croise sur son chemin
Deux de ces malappris
Ell' leur décoche hardiment
des propos venimeux
N'empêch' que tout' la famille
Le pèr', la mèr', la fille
Le fils, le Saint Esprit
Voudrait bien de temps en temps
pouvoir s'conduir' comme eux
Quand les mois auront passé
Quand seront apaisés
Leurs beaux rêves flambants
Quand leur ciel se couvrira
de gros nuages lourds
Ils s'apercevront émus
Qu' c'est au hasard des rues
Sur un d'ces fameux bancs
Qu'ils ont vécu le meilleur
morceau de leur amour