Paroles : Jacques Prévert - musique : Joseph Kosma - 1946
Interprètes : Yves Montand, Cora Vaucaire, Juliette Gréco, Andréa Bocelli
Répertoire de Brigitte Valentin pour le spectacle "En scène"
"Cette chanson a été écrite pour le film 'Les portes de la nuit' de Marcel Carné. Elle trône aujourd'hui au panthéon des grandes chansons françaises, malgré un détour -incompréhensible aujourd'hui- par l'insuccès. Les débutants Yves Montand et Nathalie Nattier sont les héros du film, qui n'est pas un succès. On connaît des chansons qui n'y résistent pas… Dans le film, Montand ne chante que 2 vers et sa partenaire quelques autres un peu plus tard.
Le chanteur conserve la chanson à son répertoire pendant quelques années, sans pourtant jamais sentir frémir le public. Cora Vaucaire la défend aussi, car elle est folle de cette chanson. Elle l'enregistre en janvier 48. C'est d'ailleurs par elle que Juliette Gréco la découvre.
Pourtant c'est Yves Montand qui en fait un des plus gros succès discographique de l'après-guerre, en vendant près de 1 million de 78 tours des 'Feuilles Mortes', enregistrée seulement en mai 49. Pourquoi ce revirement du public ? Personne ne l'explique. Mais dès lors, aucun des tours de chant de Montand ne se fait sans que la chanson de Prévert et Kosma ne fasse un triomphe.
".
Oh ! je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux où nous étions amis.
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.
Tu vois, je n'ai pas oublié...
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Et le vent du nord les emporte
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié
La chanson que tu me chantais.
C'est une chanson qui nous ressemble.
Toi, tu m'aimais et je t'aimais
Et nous vivions tous deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Mais la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Mais mon amour silencieux et fidèle
Sourit toujours et remercie la vie.
Je t'aimais tant, tu étais si jolie.
Comment veux-tu que je t'oublie ?
En ce temps-là, la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
Tu étais ma plus douce amie
Mais je n'ai que faire des regrets
Et la chanson que tu chantais,
Toujours, toujours je l'entendrai !